
LE THEATRE ET SON DOUBLE
Le théâtre et son double est d’abord une ode à la vie. Une déclaration d’intérêt vif à ses manifestations et son langage sans limitation.





LE THEATRE ET SON DOUBLE
Le Théâtre et son double a un caractère unique. Dans ses premiers textes, Artaud décrit l’impression violente qu’il appelle une dé corporisation de la réalité, l’impression de ne pas avoir de corps, de ne pas être en vie, citant Rimbaud. C’est un mal profond qui a été diagnostiqué quand il avait 18/20 ans comme une neurasthénie comme on disait à l’époque, il a été réformé du service militaire et a pu échapper à la guerre de 1914. Il avait un mal de vivre terrible qu’il a décrit avec une force extraordinaire et c’est là ce paradoxe qui fait dès le départ le caractère unique d’Antonin Artaud. Evelyne Grossman
NOTE D’INTENTION
Comédien incandescent, Antonin considérait le théâtre comme une « réalité virtuelle » où le corps traverse tous les états du vivant sans restriction de chair et d’esprit. Par le plateau, il tentait de retrouver toutes les parts manquantes de ce que vivre veut dire. Il a fait du théâtre l’espace possible de toutes les métamorphoses dans une lutte constante contre la fixité irrémédiable des choses. Un espace de recouvrement possible des parts manquantes dans une quête chantée et gesticulée afin de retrouver son intégrité physique et mentale. Une danse de vie pour contrer l’effondrement de l’être.
Il avait un mal de vivre terrible qu’il a décrit avec une force extraordinaire et c’est là ce paradoxe… Khadija El Mahdi
Quelques critiques…
Pour une rencontre inoubliable avec Artaud.
Une très belle découverte !! Un texte impressionnant, intense, transmis par une comédienne aux multiples talents, polyphonique, musicienne, chanteuse. Elle nous emmène avec elle rencontrer Antonin Artaud jusqu’à ce qu’il apparaisse devant nous. Son jeu masqué et son masque sont saisissants l’un comme l’autre. Je recommande ce spectacle avec ferveur !!
Une performance vibrante et forte où la comédienne convoque Antonin Artaud dans une réalité transfigurée qui révèle des forces profondes, souvent occultées dans la vie quotidienne. Un théâtre viscéral et sensoriel. Un miroir déformant qui exprime une vérité primale et transcendante, bien au-delà du réalisme.
Magnifique spectacle porté par une magnifique comédienne. Laissez vous transporter par les vies entrecroisées de Artaud et Khadija. Profondément vibrant et puissant, un théâtre qui demeure et perdure comme une nécessité de vie.
Khadija El Madi sert magnifiquement cette ode au théâtre. Antonin Artaud vibre parmi nous pendant tout le spectacle. Il serait sans doute honoré que son texte soit porté par une comédienne aussi talentueuse que sensible et généreuse.

Khadija El Mahdi se distingue par de nombreuses collaborations théâtrales dans le jeu masqué et une ouverture sur toutes les approches liées à cet art.
Formée à l’Esad (Jean Claude Cotillard) puis à la classe libre du Cours Florent (Jean Pierre Garnier), passionnée par le jeu masqué, elle assistera pendant six années Christophe Patty, maître de masque au CNSAD. Ces années d’apprentissage en parallèle de sa pratique de comédienne et de pédagogue, détermineront un engagement total dans cette pratique. Dès lors, le jeu masqué et l’intérêt pour ses diverses approches s’inscriront durablement dans son cheminement artistique devenant son principal vecteur de pratique et de recherche. Depuis 2012, elle explore, joue, met en scène des formes minimalistes qu’elle porte seule au plateau. Elle s’engage dans la mise en scène d’une série de solos témoignant de sa rencontre avec des communautés natives: Lakota, berbère. Développant des thématiques liées à la préservation du vivant, elle s’adresse à tous les publics œuvrant pour un public pluriel et intergénérationnel.
Elle mène de nombreuses explorations chorales, au Cours Florent et dans le cadre de ses ateliers: “L’or des fous”. Tout au long de ces années, elle ira à la rencontre des créateurs de masques et œuvrera en collaboration avec eux dans le cadre de projets artistiques : Etienne Champion (Mama Khan, Sang Négrier), Stefano Perroco Di Medduna (Rapport pour une académie de Kafka, Sang négrier de Laurent Gaudé), Thierry François (Cendres sur les mains et Médée Kali de Laurent Gaudé), Robin Summa (Les ateliers du Cours Florent), Ida Bagus Anom Suriyawan (La maison de Bernarda Alba de Fédérico Garcia Lorca). Les praticiens du jeu masqué expérimenteront et partageront avec elle cet art du dédoublement de la réalité au profit de l’acteur. Les ponts entre créateur de masques et acteur forme un espace sensible de partage et de création questionnant l’humanité et ses représentations au service d’une éloge de l’altérité. C’est à cette endroit de “rencontres fertiles” que se situe Khadija El Mahdi. Durant sa quête elle explorera et expérimentera au plateau sous la direction de Christophe Patty, Guy Freixe, Cristina Wistarri Formaggia, Jean Claude Cotillard, Mario Gonzales, Luis Jaime Cortez, Mariana Araos, Marcella Obregon, Lucia Bensasson, Yves Sioux Durand, Catherine Joncas, Masato Matsuura, Richard Emmert… Pendant près de 10 années, elle pratiquera le chant et l’improvisation jazz auprès de Haim Issacs, introduisant les techniques de composition de jazz dans ses performances et improvisations publiques.
Ses rencontres dans le Dakota du Sud, aux États-Unis, mais aussi à Bali en Indonésie lui ouvrent l’espace d’une approche singulière et intuitive questionnant les dimensions sacrées du théâtre et le lien à la transcendance dans l’art. Un expérience de théâtre Nô avec la compagnie Sangaku lui a offert l’expérience d’un art où le masque est un canal entre l’invisible et le visible. Dan sla sphère du développement personnel elle explorera ,avec le groupe Pace et la méthode conçue par Olivier Corchia ( la voie bleue), une lecture fine et intuitive des enjeux intimes de représentation des individus. Cette approche qui teinte aujourd’hui sa pédagogie permet de toucher à la force symbolique des masques et d’œuvrer à la danse de ses représentations .
Elle trouve là un vecteur de discernement et de clarté des dynamiques comportementales particulièrement appropriée au travail de groupe. L’acteur et un citoyen conscient et impliqué de sa présence scénique sur le plateau. Le jeu prend alors une profondeur, un engagement qui donne vie au masque et transcende l’espace et le temps. Toute la demarche artistique vise à discerner et dessiner une posture claire dans un monde incertain. A ouvrir en chacun un espace d’audace d’expression authentique et consciente , ainsi que la confiance en une présence fine et sensible.
Depuis 2017, Khadija El Mahdi se consacre aux textes de Laurent Gaudé. La poésie de l’auteur, son art du récit ainsi que la puissance mythologique et chorale de ses œuvres font écho aux questions les plus vives de notre temps. Elle trouve ainsi un territoire littéraire qui offre un déploiement fantastique pour un jeu masqué en lien avec le monde contemporain.
Ses principales mises en scène s’inscrivent sur ce territoire qui lui est cher. Ainsi, depuis 2017, elle met en scène les œuvres du dramaturge et romancier abordant des questionnements brûlants : Laurent Gaudé. Sang Négrier (l’esclavage), De sang et de lumière (les réfugiés), Cendres sur les mains (la guerre), Médée Kali (l’infanticide) et Salina les trois exils de Laurent Gaudé (les blessures profondes de l’être ) font partie de ses principales réalisations.
La création de masques est le dernier point à ajouter à l’approche “en ronde bosse” du masque par Khadija El Mahdi. Formée auprès d’Etienne Champion, de Stefano Perroco Di Meduna, de Thierry Francois et de Patricia Gattepaille, elle est, depuis 2026, factrice de masques pour la scène et propose des ateliers de créations de masque.
Elle enseigne actuellement le jeu masqué au sein de l’Ecole Thélème, du Cours Florent, des ateliers l’Or des fous et oeuvre principalement dans le cadre de La Yona Cie. »
